Sclérose
Le glas sourd de l'oubli sonne dans les rouages
Où l'horloge des jours marque un tour achevé :
Minuit a fait du temps tourner une autre page,
Mais si l'aiguille avance, le reste s'est figé
Dans l'attente ; le passage des trains apaise mon ennui.
Dans cette gare immense où s'agitent les êtres,
Je vois la vie des gens qui passe et ne s'arrête,
Et laisse derrière elle ses désirs assouvis.
Les lieux sont des murs où se heurtent les choses,
Et le temps une impasse aux limites bien closes,
Où mon âme perdue au milieu de tant d'autres,
Attend son heure et voit que vous trouvez la vôtre !
Je regarde couler les mois et les saisons
Et m'y noie sans comprendre.
Emporté par les flux et reflux des méandres
Et le coeur inspiré de nouveaux horizons,
Je rêve d'utopies, d'archanges éternels
Qui portent le destin sur de géantes ailes,
Et font pleurer le sud et chanter l'aquilon.